Revue de presse - Semaine 3

Revue de presse - Semaine 3

du 13 au 20 janvier

A retenir de la semaine :



Les chiffres de la semaine :
 
- 37% des patients ont déjà été confrontés à une pénurie de médicaments et 45% d’entre eux ont été contraints de reporter, modifier, voire de renoncer à leur traitement (FAS). A noter que 68% des oncologues médicaux estiment que ces pénuries ont un impact dans les 5 ans qui suivent sur la vie des patients.
 
- « 32 milliards supplémentaires pour le système de santé dans les 5 ans à venir » annoncés par le Premier ministre en visite au CHU de Dijon le 13 janvier. En fait, c’est la hausse du budget de la branche maladie déjà votée en loi de programmation des finances publiques, un « coup de com’ » qui ne passe pas ...
 
- 1/3 des salariés français a déjà été en proie au syndrome d’épuisement professionnel
 
- 8,8Mds€ de déficit de l’assurance maladie en 2023, 11,2Mds en 2024 et 17,5Mds prévus pour 2027

A retenir de la semaine

1) Après la nomination le 11 janvier 2024 de Madame Catherine Vautrin comme ministre du travail, de la santé et des solidarités, une déception assez générale des professionnels de santé devant l’absence de ministre de plein exercice en charge de la santé et de la prévention.

2) À l'occasion de sa conférence de presse le 16 janvier 2024, le Président de la République a réaffirmé sa volonté de « mettre fin au scandale des déserts médicaux » par une « révolution de l’organisation » pour intégrer les nouvelles pratiques des jeunes générations, et ce :
- en réformant la tarification avec des médecins « davantage payés au patient plutôt qu’à l’acte »,
- en faisant mieux travailler ensemble la ville et l’hôpital
- en déléguant davantage pour libérer du temps médical et permettre aux médecins de « voir plus de patients »
- en « débureaucratisant notre santé »
- en continuant de développer les MSP avec 4000 en 2027
- en montant à 100% de SAS, « la solution pour désengorger les urgences », mais 
sans revenir aux gardes obligatoires en ville.
Emanuel Macron a aussi indiqué qu’il souhaitait régulariser les PADHUE, et trouver rapidement des solutions pour aider à mieux recruter des paramédicaux.
Le Président a annoncé « une feuille de route de la santé » et « une stratégie au plus près du terrain».

____ Au fil de la semaine ⬇️

🔸13 janvier (annonce) > au CHU de Dijon, le Premier ministre Gabriel Attal a annoncé que « parmi tous les problèmes que nous avons à résoudre, l’hôpital, trésor national est en haut de la pile ». « Nous allons continuer à investir massivement pour l’hôpital et plus massivement pour notre système de santé ». Le PM a également indiqué que « le prochain budget que mon gouvernement aura à présenter sera un budget historique pour l’hôpital public ». « Il faut continuer à agir avec l’attractivité de ces métiers » et « l’enjeu est de former plus de médecins ». La difficulté se présente aussi dans la médecine scolaire « où les professionnels manquent » et « il faut qu’on avance sur la santé mentale des ados » a également indiqué Gabriel Attal.
 
🔸14 janvier (Le Parisien) > les pénuries de médicaments continuent et l’Agence nationale du médicament et des produits de santé (ANSM) reconnaît des difficultés importantes de répartition de médicaments couramment prescrits. Cette pénurie est multifactorielle : 80% de la production a été délocalisée en Asie, les prix français inférieurs à ceux des autres pays européens et des capacités de production qui ont du mal à suivre l’augmentation de la consommation mondiale (+5%/an).

🔸15 janvier (Le Figaro) > « exsangue la santé obtient 32Mds mais tout reste à faire », avec 1/3 des établissements publics et privés en déficit, des problèmes majeurs d’attractivité des carrières, une médecine libérale « qui a le blues » et des marges de manœuvre financières étroites avec des déficits qui se creusent.
 
🔸15 janvier (Les Echos) > « les bilans de prévention bientôt déployés », avec un lancement prévu fin 2023 désormais annoncé pour fin janvier 2024, des questionnaires en ligne envoyés par la CNAM pour préparer un entretien de 30 à 45mn avec un médecin, un pharmacien, un infirmier ou une sage-femme. Mais le dispositif reste flou, notamment sur la rémunération de ce bilan.
 
🔸16 janvier (Les Echos) > les systèmes de santé des pays riches en situation d’urgence, avec une nouvelle alarme de l’OCDE : « au niveau mondial, nous sommes face à une bombe à retardement au regard des financements », alors que « nous faisons face effectivement à une dégradation de la qualité des soins ».
 On peut noter une croissance moyenne des dépenses publiques de santé qui devrait être deux fois plus forte que la hausse des recettes de l’Etat entre 2019 et 2040 à 1,3% pour les recettes et 2,6% pour les dépenses  (1,1% et 2,2,1 pour la France), avec, pour l’ensemble des pays de l’OCDE des dépenses de santé à 11,2% du PIB vs 8,8% en 2018 (déjà 12,7% en 2022 pour la France). Pour l’OCDE, « les gouvernements ne feront pas l’économie d’une rationalisation du rôle des professionnels de la santé ».
 
🔸17 janvier (Sénat) > adoption en séance publique d’une proposition de résolution de Nathalie Delattre invitant le gouvernement, en application de l’article 34-1 de la Constitution, à ériger la santé mentale des jeunes en grande cause nationale.
 
🔸17 janvier (Quotidien du Médecin) > la FHF en « vigie sanitaire » pour les hôpitaux et la loi de programmation pour le grand âge. Arnaud Robinet a rappelé que 2023 avait été « une année difficile pour le système de santé et nos établissements ».

🔸17 janvier (Le Point) > après que le Président de la République Emmanuel Macron ait assuré que « nombre de médecins étrangers qui tiennent parfois à bout de bras nos services de soins seraient régularisés », 220 médecins signent une tribune en soutien aux PADHUE : « Ne demandons pas à nos collègues à diplôme étrangers d’être meilleurs que nous. » Dans certaines spécialités, les candidats ont été recalés avec plus de 15 de moyenne. « Des services qui ont formé, des mois durant, les médecins lauréats de ces concours vont les perdre. Dans certains services, on avoisine les 80 à 90 % de taux de réussite parmi les padhue(s) qui se sont présentés aux concours. ». Les signataires soulignent que « le nombre de postes ouverts est toutefois très en deçà des besoins. Par exemple, en Île-de-France, sur environ 1 250 postes demandés, seuls 460 ont été accordés et pour une spécialité désertée comme la médecine d'urgence, seulement 28 postes ont reçu l'aval». Si la loi Valletoux devrait permettre de reconduire un contrat de travail, donc un titre de séjour, pour treize mois afin de repasser le concours, « cette loi n'est pas applicable pour le moment, il faut encore constituer une énième commission pour étudier leur dossier. Quand elle le sera, nos médecins auront déjà reçu leur obligation de quitter le territoire français (OQTF) et seront obligés de partir ».

🔸20 janvier (France Inter) > à propos du tarif de la consultation médicale, Thomas Fatôme Directeur général de l'Assurance Maladie a rappelé qu'il avait augmenté de 1,5 euros en novembre dernier, ce qui représente 700 millions d'euros investis par l'Assurance Maladie. Néanmoins, « on n'aurait pas rouvert la négociation en novembre n se disant on va surtout pas augmenter le tarif de la consultation ». Pour lui, la question est « qu'est ce qu'on obtient en retour » (par exemple, comment peut-on s'assurer que les prescriptions médicales respectent les durées d'arrêt de travail tels qu'elles ressortent des référentiels établis par les sociétés savantes ?). Si d'autres modes de rémunération sont par ailleurs évoqués, le DG de l'Assurance Maladie répète « qu'il veut aboutir ». À propos de la financiarisation de la santé, il a confirmé que ce sujet inquiète l'Assurance Maladie (8 laboratoires d'analyse sur 10, même phénomène mais pas les mêmes proportions pour la radiologie) : « Il faut qu'on prenne ce sujet à bras le corps ». Interrogé sur l'AME, il a souligné que « le système est bien géré par l'Assurance maladie », qui est « très attachée » à ce dispositif.

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